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Comment gérer les cauchemars de son enfant

Par Mika et Mina | Blog

Mar 06
comment gérer les cauchemars de son enfant

22h30 , la maison est calme et silencieuse…

22h30 , la maison est calme et silencieuse. Quoi de plus normal : les enfants dorment « paisiblement » … Ah qu’est ce que ça fait du bien me direz vous !!!
Tout à coup, un cri strident en provenance de la chambre à coucher secoue les murs de l’appartement. Mon épouse accourt à toute vitesse et découvre Adam à moitié sorti du lit, tremblant de tous ses membres et complètement apeuré :
maman , ils sont parti les méchants monsieurs avec des dents de tigre qui sortent de l’enveloppe ?
Pauvre choux . On se remémore l’effroi que nous a causé notre dernier cauchemar et on imagine la frousse que notre petit protégé a pu ressentir, laissé seul en proie à cette scène véritablement horrible.
J’avoue avoir moi même eu froid dans le dos lorsqu’il nous a décrit cette affreuse vision, surtout lorsqu’on a récemment vu “Ça le clown” au cinéma!
Alors après l’avoir serré fortement dans nos bras, nous tentons de le rassurer :
T’inquiète pas mon chéri c’est fini, ils sont parti …
Quelle impuissance il nous est donné de ressentir en le sachant vulnérable, dans ce monde invisible qu’est le subconscient et dans lequel il nous est impossible d’intervenir pour le protéger. Alors tentons ensemble de comprendre et de savoir ce qu’il nous est possible de faire à notre niveau pour gérer au mieux les cauchemars de son enfant.

Ne vous inquiétez pas , c’est normal !

Les cauchemars, ces mauvais rêves apparaissent en principe durant la deuxième moitié de la nuit pendant le sommeil paradoxal. C’est un phénomène que tout être humain est amené à vivre plus ou moins régulièrement dans sa vie. Mais là, je ne vous apprends rien.

Petite parenthèse. Je précise que ce jour là, notre petit Adam qui n’avait pas fait la sieste, s’était endormi vers 17h et avait déjà commencé sa nuit. Il avait donc déjà entamé sa deuxième moitié à 22h30. Ce détail est important car nous verrons que les cauchemars sont à différencier des terreurs nocturnes qui, elles, surviennent peu de temps après le coucher.

Ceci étant dit :

Selon la croyance islamique, le cauchemar peut provenir de Satan. Mais en dehors des rêves véridiques (ou prémonitoires), le rêve peut également provenir du subconscient, comme le Prophète (que la Prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) nous le décrit dans un hadith rapporté par at-Tirmidhî, tel que : Le rêve où l’homme converse avec son âme.

En effet selon les psychologues, les cauchemars, qui deviennent plus fréquents vers l’âge de 3-4 ans, constituent une période nécessaire au développement psycho-affectif et mental de l’enfant. Ils lui permettent de mettre en scène des émotions fortes ressenties durant sa période de veille, d’extérioriser ses frustrations, ses envies, ou encore des contrariétés et des angoisses vécues pendant la journée.

Ceux-ci seraient également liés à un paradoxe vécu à ce stade de son développement. Il prend conscience qu’il grandit et il se voit partagé entre le désir et la peur de grandir.

Il est donc important d’être présent et de savoir réagir lorsque cela arrive à notre enfant, surtout entre 1 et 8 ans. D’autant plus qu’avant 3-4 ans, les enfants ont encore du mal à distinguer l’imaginaire de la réalité. Les accompagner à faire le distinguo fait d’ailleurs partie intégrante de notre rôle de parent et c’est également pour cette raison qu’il est vivement recommandé de ne pas leur mentir. Mais ceci est un autre sujet que nous avons d’ailleurs abordé dans cet article que je vous invite à lire.

Au delà de 8 ans, l’enfant commence à être assez grand pour gérer seul ces situations.

Comment réagir ?

Avant 2 ans et demi :

 L’enfant est encore petit et ne comprend pas vraiment ce qui vient de lui arriver. Ce qu’il faut faire :

  • Posez votre main sur son dos ou sur son ventre et rassurez le par votre présence, votre voix et vos baisés.
  • Prenez le dans vos bras s’il le faut. Quoi de plus rassurant pour l’enfant comme pour le parent d’ailleurs, qu’un câlin et un bisou ?
  • Dites lui que vous êtes là, que tout va bien et qu’Allah le protège.
  • Récitez lui une sourate à voix douce ou une berceuse puis recouchez le calmement dès qu’il s’est rendormi.
  • Mettez lui le sein dans la bouche s’il est encore allaité, ça peut aider en dernier recours :p

De 2 ans et demi à 4 ans :

 Lorsque l’enfant est déjà un peu plus éveillé, comprend mieux et commence même à s’exprimer, vous pouvez :

  • Le rassurer par votre présence et le consoler en le prenant dans vos bras.
  • Le câliner et l’embrasser pour permettre à son petit cœur de s’apaiser.
  • Lui dire que c’était un cauchemar.
  • Fabriquer un spray anti-monstre que vous ferez semblant de vaporiser un peu partout.
  • Lui dire des paroles rassurantes et désamorçantes qui puissent lui arracher un rire ou un sourire. Par exemple, j’avais dis à Adam que si les méchants revenaient, je leur ferais une prise de lutte, tout en mimant la scène de combat avec un nounours !
  • Lui dire que vous êtes tout proche, prêts à le protéger et qu’Allah aussi le protège.
  • S’il parle, faites lui répéter : A3oudhou bilLAHi mina sheytan irrajim.

Il est important depuis tout petit de lui parler de Dieu et de lui faire part de Sa grandeur, de Sa force et de Sa toute puissance, ainsi l’enfant développera un sentiment de confiance envers son Créateur et sera rassuré à l’évocation de son Nom.

Entre 4 ans et 8 ans :

 Vers 4 ans, voir avant, l’enfant différencie déjà beaucoup mieux la réalité du rêve et de l’imaginaire. Il commence à avoir pleine conscience de ce qu’est un mauvais rêve :

  • Bien sure, rassurez le par votre présence.
  • Prenez le dans vos bras et embrassez le.
  • Allumez la lumière, donnez lui la main et faites lui faire le tour de la chambre pour lui montrer qu’aucune créature bizarre ne se cache dans celle-ci.
  • Dites lui que vous êtes proche et que vous le protégez.
  • Assurez lui qu’il peut se rendormir tranquillement et que les monstres n’existent pas.
  • Dites lui que Dieu veille sur lui, faites le cracher sur sa gauche et dire : A3oudhou bilLAHi mina sheytan irrajim.
  • Laisser une veilleuse allumée peut parfois rassurer l’enfant.
  • Invitez le à en reparler le lendemain sans essayez d’émettre de jugement.
  • Demandez lui s’il veut bien dessiner son cauchemar et déchirer le dessin pour se libérer de la charge.
  • Inutile de lui rappeler sa nuit agitée s’il ne s’en souvient pas.

Les 2 choses à ne surtout pas faire:

  • Ne le laissez pas continuer sa nuit près de vous, dans votre lit !
Ceci peut conforter l’enfant dans ses peurs mais également contribuer à l’installation de mauvaises habitudes. Attention à la surprotection. Il doit malgré tout, pour son bon développement psychologique, apprendre à surmonter ses peurs.
  • Ne vous énervez pas, restez calme et patient !
Ne lui dites rien qui puisse le faire culpabiliser, ne le grondez pas et ne le menacez pas. Accompagnez le dans la gestion de son émotion.

Conseils de préparation pour un sommeil paisible

  • Instaurer un rituel avant le coucher.
  • Orientez les pensées de l’enfant vers des choses positives. Racontez lui une belle histoire par exemple. Dites lui de belles paroles avec une voix douce.
  • Récitez lui le verset du trône (Sourate 2, verset 255) ainsi que les sourates protectrices (112, 113 et 114), soufflez sur les paumes de vos mains, passez les sur son visage et descendez sur le reste de son corps comme le faisait le Prophète (sws). Si l’enfant est capable de le faire lui même c’est encore mieux.
  • Rassurez le sur votre présence à proximité.
  • Invoquez Allah pour votre enfant. Récitez les dou’as du soir si vous les connaissez.

NOTA BENE :

 Un sommeil paisible commence par une journée paisible. Bien sûr, il y a des choses sur lesquelles nous avons le contrôle et d’autres que l’on ne maîtrise pas :
  • Parmi les choses que l’on maîtrise, il y a les écrans tels que les tablettes, jeux vidéos et télévisions entre autres. Évitez de laisser l’enfant en abuser, car d’une part, il en a été prouvé la nocivité sur leur développement mental. D’autre part, sachant qu’on ne peut toutefois en interdire totalement l’usage (bien que beaucoup de personnes y survivent très bien sans!) contrôlez un maximum le contenu qui y sera consommé. Les scènes de violences, traumatisantes, les monstres ou personnages effrayants risqueraient fort de resurgir dans ses rêves avec ou sans carton d’invitation !
  • Évitez d’effrayer volontairement l’enfant durant la journée. Mon beau frère avait un jour fabriqué de fausses dents pointues en papier pour “amuser” les enfants. Il s’est avéré que c’est totalement l’effet inverse qui se produit, et ce simple jeu fût surement la cause du cauchemar de notre petit Adam précédemment décrit.
Portrait étrange d'un clown célèbre ...

Portrait étrange d’un clown célèbre / Adam (Il n’avait vu que rapidement l’image d’accroche d’une vidéo youtube)

Il y a également des situations que l’on ne maîtrise pas telles que des événements qui peuvent être la cause d’une forte émotion, d’un trouble ou d’un traumatisme vécu dans la journée par l’enfant. Dans ce cas il est important d’en parler et d’aider l’enfant à s’en décharger durant la journée. Dans certains cas, cela peut entraîner des cauchemars fréquents et intenses qui peuvent être considérés comme pathologiques. L’aide d’un psychothérapeute peut alors s’avérer nécessaire.

À savoir que le stress, les fièvres ou les grandes fatigues sont des causes non négligeables dans les nuits perturbées.
Pour en savoir plus sur le sommeil de l’enfant je vous invite à lire cet article : Comment aborder le coucher de son enfant en toute sérénité (bientôt en ligne).

Les terreurs nocturnes :

 Les terreurs nocturnes ou (aussi appelées éveils confusionnels) sont différentes des vrais cauchemars et beaucoup plus rares. Elles concernent plutôt les enfants de 9 mois à 6 ans et touchent plus souvent les garçons.
 Elles surviennent généralement durant la première partie de la nuit, 2 à 3 heures après le coucher, pendant la phase de sommeil profond . Elles peuvent durer entre 3 et 30 minutes. L’enfant hurle, est agité et transpire. Il a le cœur qui s’emballe et respire difficilement. Il a le regard vide et ne reconnaît pas ses parents.
 Mais ne vous inquiétez pas pour cela, s’il semble inconscient c’est tout simplement parce qu’il dort encore !
Elles sont sans gravité. Vous devez les laisser passer et ne pas réveiller l’enfant. Si l’enfant se réveille , alors suivez les conseils cités en amont.

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