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Comment gérer sa propre colère face à un enfant ? Discipline positive et outils prophétiques

Par Mika et Mina | Blog

Juil 04
gérer sa colère face à un enfant

Du lait sur le feu

« Ne promets pas lorsque tu es heureux. Ne réponds pas lorsque tu es en colère. Ne décide pas lorsque tu es triste…« 

Cherry Blossom

gérer sa colère face à un enfant

Ça arrive et c’est normal alors déculpabilise

Tu es fatigué.e, épuisé.e par une nuit difficile et/ou une journée harassante, peut être malade, stressé.e par un événement particulier et donc à fleur de peau.

Peut être aussi que tu es en pleine forme al hamdulillah.

Mais voilà, tu es parent, et lorsqu’on est parent, il arrive fréquemment que l’on ait à faire à des comportements, des crises ou des actes de la part de nos enfants qui nous mettent dans tous nos états.

Je te rassure, tu es normale et tous les humains normaux ressentent ces émotions qui les traversent avec plus ou moins d’intensité.

Selon la tradition islamique, la colère est une émotion qui provient du diable.

Mais en quel sens ?

Comment est-ce possible lorsqu’on a parfois l’impression de ne pas en être responsable ?

Quand on a l’impression de ne pas en contrôler l’effusion face à certaines situations insoutenables ?

La colère peut s’avérer nécessaire car elle nous signal parfois que l’un (ou plusieurs) de nos besoins ne sont pas satisfait.

Elle est également une source importante d’énergie qui peut être redirigée vers de nobles causes.

Ce qu’il faut comprendre lorsque le prophète (sws) nous dit qu’elle provient de sheytan, c’est qu’il s’agit surtout de la façon de la gérer et de l’exprimer. C’est en cela qu’elle peut s’avérer diabolique.

Je parie que tu connais parfaitement cette recommandation qu’il (sws) a faite à cet homme qui lui demandait conseil et auquel il répondit plusieurs fois :

“Ne te mets pas en colère” (Bukhari)

On voit là qu’il ne s’agit pas de ne pas ressentir la colère mais bien de ne pas la laisser sortir et nous diriger.

En gros, être en colère est tout à fait légitime et tu en as le droit, mais péter un câble l’est moins.

Déculpabilise mais sache que …

gérer sa colère face à un enfant

En réalité, la colère est souvent dangereuse car elle diminue notre raison dans le meilleur des cas et nous la fait perdre dans le pire.

Les conséquences en sont des paroles, des gestes, des actes et des décisions que l’on finit en général par regretter. D’autant plus lorsque nous la dirigeons à l’encontre des personnes que nous aimons tels que nos enfants ou notre conjoint.

“Un moment de patience dans un moment de colère empêche mille moments de regret…” Ali ibn abu talib Cliquez pour tweeter

Telle une casserole de lait sur le feu, elle est une émotion qui monte petit à petit jusqu’à nous faire sortir de nous même et nous mettre hors de nous.

Mais la vérité, c’est que si on explose ce n’est que parce que nous avons donné l’autorisation à cette colère de s’exprimer de cette manière, de même que nous avons laissé le lait chauffer trop longtemps.

Et plus on prend l’habitude de lui laisser pignon sur nous, plus elle apparaîtra de manière fulgurante et incontrôlée.

Les neurosciences confirment en effet que :

lorsqu'on use fréquemment d’une émotion particulière, le câblage neuronal se renforce afin de permettre à cette émotion de s’exprimer plus facilement et rapidement. Cliquez pour tweeter

C’est pourquoi il est impératif de s’exercer à la canaliser et l’amenuiser.

Al hamdulillah il existe des outils légués par notre bien aimé prophète (sallaAllahu a3leyhi wa salem) pour s’en prémunir, et nous allons les voir juste après celui que nous propose la discipline positive.

Neurosciences et discipline positive

Le cerveau dans la main

Pour bien comprendre le fonctionnement de ton cerveau et le mécanisme qui entre en jeu concernant la colère, je te propose de visionner cette petite vidéo.

Les explications y ont été tirées du livre “le cerveau des enfants” des Docteurs Daniel J. Siegel et Tina Payne Bryson.

>>> À Lire : Les neurones miroirs : Quésaco ?

Le temps de pause

Au vu des informations précédemment citées, tu comprends maintenant qu’il est quasi impossible de réagir de manière posée, réfléchie et surtout juste lorsqu’on est envahi par la colère.

Il faut attendre que le néo-cortex ou la partie rationnelle se reconnecte et reprenne le dessus sur les émotions libérées via le cerveau limbique.

Voilà pourquoi en discipline positive, il est préconisé d’effectuer un temps de pause.

Lorsque tu sens la colère monter en toi, stoppe court et quitte la pièce pour te calmer et reprendre tes esprits.

Une fois apaisé.e, il te sera plus facile de prendre une décision pertinente, notamment en utilisant l’outil des 3 R de la réparation.

>>> À Lire : Les 3 R de la réparation | Discipline positive …

Mais en réalité, la discipline positive n’a rien inventé à ce niveau là. Notre bien aimé prophète (sws) nous l’avait déjà enseigné il y a de ça plus de 1400 ans …

Les 4 outils prophétiques

gérer sa colère face à un enfant

Ce qu’Allah et Son messager Muhammad (sws) nous ont laissé sur la colère est loin d’être maigre.

Nous allons voir immédiatement 4 outils prophétiques qui nous permettront d’éviter de regrettables débordements.

En réalité, nous allons voir comment devrait se dérouler un temps de pause idéalement « islamique » et qui permettrait de reprendre ses esprits comme il se doit.

1. Demander la protection Divine contre Satan

Il arrivait au prophète (sws) de se mettre en colère, toutefois ce n’était que pour défendre la cause d’Allah.

En dehors de cela, il réprouvait la colère et comme nous l’avons vu en tête de cet article, l’attribuait au diable.

La première chose qu’il convient de faire est donc de demander à Allah ta’ala refuge auprès de Lui contre Satan le maudit.

En effet, d’après Soulayman ibn Surad (ra), il se trouvait une fois aux cotés du Prophète (sws) quand deux hommes se mirent à échanger des injures. L’un des adversaires eut le visage tout rouge et les artères du cou tendues. Le Prophète (sws) dit :

« Je connais une formule qui calmerait cet homme: s’il disait : « Je demande la protection divine contre Satan le damné » il serait débarrassé de ce qu’il éprouve » 

(Bukhari)

D’ailleurs, Allah subhanu wa ta’ala dit dans Son livre sacré :

«Repousse le mal par ce qui est meilleur. Nous savons très bien ce qu’ils profèrent. Et dis : Seigneur ! Je me réfugie auprès de Toi contre les incitations des démons. Et je me réfugie auprès de Toi, Seigneur, contre leur présence auprès de moi.» 

(Sourate Al Mu’minûn verset 96-98)

2. Se taire

La deuxième chose à faire est de s’abstenir de parler afin de se préserver contre de mauvaises paroles que l’on pourrait d’une part regretter, et qui plus est, qui mettraient de l’huile sur le feu.

Le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) a dit :

« Quand l’un de vous se trouve en colère, qu’il se taise » (Ahmed) Cliquez pour tweeter

3. Faire les ablutions

On trouve dans l’ouvrage « les méditations d’Ibn Al Qayyim » les hadiths suivants :

« La colère est un charbon ardent se consumant dans l’être humain. »

(At Tirmidhi)

et

« La colère vient de Satan. Satan est créé de feu. Or le feu s’éteint par l’eau. Si donc l’un d’entre vous se met en colère, qu’il accomplisse ses ablutions. »

(Abu Dawud)

L’outil proposé ici par le prophète (sws) parle de lui même. Le simple fait de décider de faire les ablutions va déjà faire amorcer la décompression.

Puis lorsque l’eau commencera à couler au gré de ton intention portée vers Allah, toute la tension accumulée lors de « l’accrochage » avec ton enfant (ou autre) va alors se dissiper.

4. Abaisser sa position

Dans Sahih al Djami, Abou Dharr (ra) rapporte qu’un jour où il abreuvait ses bêtes dans un bassin à lui, des hommes arrivèrent auprès de lui. Il leur demanda :

lequel d’entre vous viendrait m’aider quitte à en recevoir la récompense de la part d’Allah ?

Un homme dit :

-moi.

Puis il se présenta et finit par casser l’abreuvoir et le détruire à cause de sa maladresse.

Abou Dharr qui était debout s’assit puis se coucha. On lui dit alors :

-Abou Dharr pourquoi tu t’es assis d’abord, ensuite tu t’es couché ?

Abou Dharr répondit :

-C’est parce que le messager (sws) a dit :

«Si l’un de vous se trouve en colère, qu’il s’assoie  s’il était debout pour chasser la colère. Si celle–ci ne le quitte pas, qu’il se couche »

(Ahmad)

En effet, le fait de s’abaisser permet tout d’abord de restreindre sa capacité de mouvement. Il est ainsi moins probable d’avoir des gestes impulsifs et violents envers l’enfant lorsqu’on se trouve en position assise et encore moins en position couchée.

Mais avant tout, le fait de s’abaisser physiquement permet également de s’abaisser psychiquement.

La colère pousse à se mettre en position supérieure et dominante vis à vis de l’autre. L’effet psychologique quand on se rabaisse est que l’on oblige l’émotion à redescendre.

Cette action va ainsi permettre de retrouver beaucoup plus rapidement son calme.

Mais si les accès de colère sont monnaie courante chez toi, c’est peut être qu’un besoin n’est pas satisfait ou qu’une vieille blessure n’est pas refermée.

Il serait donc important pour toi de faire un travail d’investigation et de connaître les causes réelles de ces colères.

Prendre le mal à la racine reste la meilleure solution, il faut donc que tu saches une chose…

On a le choix !

gérer sa colère face à un enfant

Trouver la mauvaise herbe qui te pousse à être colérique est une chose.

Parfois cela sera due à la fatigue, la faim, une maladie qui t’affaiblie ou te fait souffrir, ou encore un événement qui t’a impacté durant la journée.

Mais cela peut aussi être le fait d’une blessure vécue pendant l’enfance, un comportement qui t’a été enseigné quand tu était petit.e et que tu reproduis inconsciemment.

Toujours est il que la colère reste un choix.

Je sais, ce n’est pas facile à accepter mais crois moi, tes réactions sont des choix. Elles sont basées sur tes interprétations.

Deux personnes peuvent vivre la même scène mais ne pas réagir de la même façon tout simplement car elles se font une interprétation différente des événements.

Et notre bien aimé prophète (sws) était l’exemple type du self-contrôl. Lui qui a subi tant de persécutions, tant de tortures et d’humiliations, pourtant il ne cessait de garder son calme et de faire preuve de patience.

Et tu sais pourquoi ?

Car il ne perdait pas ses objectifs de vue. Ses objectifs était portés vers le bien pour les autres. Ceux-là même qui étaient ses bourreaux, le prophète (sws) ne souhaitait que leur bien au détriment du sien.

C’est cela qu’il te faut garder en tête afin de pouvoir adopter bi’idhnillah les bonnes attitudes face aux comportement parfois désagréables de tes enfants.

Le bien de l'enfant passe avant le tien ! Cliquez pour tweeter

Penses aux bénéfices sur le long terme et non aux résultats à court terme, et penses aux valeurs que tu souhaites transmettre à l’enfant : Le calme, la douceur, la patience, la beauté de l’âme et la maîtrise de soi.

«Repousse le mal par ce qui est meilleur, et voilà que celui avec qui tu avais une animosité devient tel un ami chaleureux. Mais (ce privilège) n’est accordé qu’à ceux qui patientent et il n’est accordé qu’à ceux dotés d’une grande grâce .Et si jamais Satan t’incite (à agir autrement), alors cherche refuge auprès d’Allah, c’est Lui, vraiment qui entend et sait tout.» 

(Sourate Fussilat verset 34-36)

Des livres pour s’améliorer

Dis nous en commentaire tes astuces pour faire redescendre la pression lorsque tu es en colère !

Et n’oublie de partager un Max cet article pour aider le plus de monde possible à pouvoir se maîtriser 🙂

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